Tickets restaurant 2026 : quelles sont les règles à connaître pour votre commerce ?
Le ticket resto fêtera ses 60 ans en 2027. Un âge respectable pour un avantage salarié devenu réflexe à la pause déjeuner, mais dont les règles sont loin d’être figées.
En France, 6 millions de salariés bénéficient de titres-restaurant. Le montant moyen d’un titre s’élève à 9,40€, avec un plafond d’utilisation fixé à 25€ par jour. Pour les restaurants, le potentiel est sans appel. Mais entre les jours autorisés, les produits éligibles, les formats acceptés, les commissions, les délais de remboursement et les usages en grande distribution, les tickets restaurant ne se résument pas à un logo affiché sur la porte.
D’autant qu’une réforme se prépare. Présentée au Parlement d’ici l’été 2026, elle doit notamment pérenniser l’utilisation des titres-restaurant en supermarché, une mesure introduite en 2022 en réponse à l’inflation.
Dans cet article, on fait le point sur les règles à connaître, les changements attendus avec la réforme, les erreurs à éviter et les bons réflexes à adopter pour tirer le meilleur des tickets restaurant dans votre établissement.
Qui peut accepter les titres-restaurant en 2026 ?
Vous pouvez accepter les titres-restaurant dans votre établissement si votre activité principale est liée à la restauration ou à la vente de produits alimentaires.
Attention toutefois : accepter un ticket restaurant et pouvoir vous le faire rembourser sont deux sujets différents ! Pour obtenir le remboursement des titres, vous devez être reconnu par la Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR). Cette démarche permet ensuite aux sociétés émettrices de mettre en place les modalités de remboursement avec votre établissement.
Les établissements éligibles aux tickets restaurants
Les titres-restaurant peuvent être acceptés par :
➜ Les restaurants traditionnels (codes APE 56.10A et 56.10B)
➜ Les hôtels avec restaurant (code APE 55.10Z)
➜ Les établissements de restauration rapide (code APE 56.10C)
➜ Les détaillants en fruits et légumes (code APE 4721Z)
D’autres commerces alimentaires peuvent aussi les accepter, sous réserve d’obtenir l’agrément nécessaire auprès de la CNTR :
➜ Commerces de bouche, charcutier traiteur, boulangerie, pâtisserie
➜ Grande surface, supérette & épicerie, alimentation générale, établissement de vente au détail de produit surgelé
➜ Établissements de restauration collective (cantine, restaurant d’entreprise, etc)
➜ Sociétés spécialisées dans la distribution automatiques
Les démarches pour accepter les titres-restaurant
- Vérifier votre éligibilité : assurez-vous que votre activité correspond aux critères prévus pour accepter les titres-restaurant.
- Obtenir l’agrément ou la reconnaissance CNTR : selon votre activité, vous devez constituer un dossier auprès de la CNTR pour pouvoir accepter les titres-restaurant et en obtenir le remboursement.
- Choisir les émetteurs avec lesquels travailler : Edenred, Swile, Up Coop, Pluxee, Bimpli… chaque émetteur applique ses propres modalités commerciales et techniques.
- Afficher les moyens de paiement acceptés : indiquez clairement à vos clients que vous acceptez les titres-restaurant, que ce soit sous forme papier ou dématérialisée.
Quelles sont les réformes à venir pour les tickets restaurant ?
Après les mesures temporaires liées à l’inflation, le gouvernement prépare une réforme plus large du dispositif, avec plusieurs changements attendus d’ici 2027. Pour les restaurateurs, l’enjeu est double : simplifier l’encaissement, mais aussi rester attractifs face à une utilisation de plus en plus large des titres-restaurant hors restauration.
Vers un ticket restaurant 100% dématérialisé
La fin du titre-restaurant papier fait partie des mesures phares de la réforme. Aujourd’hui, le papier représente encore 25% du marché et continue de créer des contraintes côté commerçants : tri manuel, stockage, envoi postal, risque de perte, délais de traitement. Pour les salariés, il empêche aussi le paiement à l’euro près.
La réforme prévoit une dématérialisation complète à compter du 1er mars 2027. Pour les restaurants, c’est une évolution plutôt positive : moins de gestion administrative, moins de titres à sécuriser et moins de manipulations en fin de service. En revanche, cela suppose d’être bien équipé côté encaissement : TPE compatible, affiliation aux émetteurs, paramétrage caisse et suivi des remboursements.
Des remises de fin d’année bientôt interdites ?
Autre point sensible : les remises de fin d’année, aussi appelées RFA. Certains émetteurs accordent ces remises à de grands comptes pour remporter leurs contrats. Le problème, c’est que ce manque à gagner peut ensuite peser sur les commissions facturées aux commerçants.
L’interdiction des RFA vise donc à rééquilibrer le modèle, en limitant les pratiques qui renchérissent indirectement le coût d’acceptation des titres-restaurant. Ce point reste très attendu, car les commissions font partie des irritants majeurs du dispositif. Le gouvernement a déjà indiqué que plusieurs pistes étaient étudiées pour mieux encadrer les frais, dont la transparence et le plafonnement des commissions.
Une utilisation possible le dimanche
Aujourd’hui, les titres-restaurant s’utilisent les jours ouvrables, sauf cas particuliers pour les salariés amenés à travailler le dimanche ou les jours fériés. La réforme prévoit de généraliser leur utilisation le dimanche.
Pour les restaurants ouverts le week-end, c’est une mesure à suivre de près. Elle peut soutenir la fréquentation du dimanche, notamment sur les formats brunch, restauration rapide, vente à emporter ou restauration de zones touristiques.
Un agrément commerçant simplifié et dématérialisé
Aujourd’hui, les commerçants doivent passer par une procédure d’agrément auprès de la CNTR pour pouvoir accepter les titres-restaurant et obtenir leur remboursement. Cette démarche repose encore sur un dossier administratif, souvent perçu comme lourd par les professionnels.
La réforme prévoit de remplacer cette logique d’autorisation par un régime de simple enregistrement, entièrement dématérialisé pour réduire les délais et limiter la paperasse.
Pour les restaurants déjà agréés, l’impact devrait rester limité. Pour les nouveaux établissements, en revanche, la démarche pourrait devenir plus rapide et plus simple.
L’usage en grande distribution devrait être pérennisé
C’est sans doute le point le plus sensible pour les restaurateurs. Depuis 2022, les salariés ont la possibilité d’utiliser leurs tickets resto pour acheter des produits alimentaires non directement consommables : pâtes, riz, huile, farine, viande, produits à cuisiner… Cette mesure, mise en place face à l’inflation, devait prendre fin au 31 décembre 2026. La réforme prévoit de la rendre permanente.
Pour les salariés, c’est une réponse aux nouveaux usages : beaucoup apportent désormais leur repas au bureau. Pour les professionnels du CHR, le sujet fait grincer des dents. Plus les titres-restaurant deviennent utilisables en supermarché, plus ils s’éloignent de leur fonction initiale : financer le repas pris pendant la journée de travail.
Si les tickets restaurant restent un levier stratégique, ils demandent une approche plus active. La concurrence ne se joue plus seulement entre restaurants, mais aussi avec le panier de courses.
Restaurant : comment tirer le meilleur des titres-restaurant ?
Créez une formule pensée pour le plafond des titres-restaurant
Vous avez deux contraintes : le plafond de 25€ et l'interdiction de rendre la monnaie.
Plutôt que de les subir, tournez-les à votre avantage :
✔ Une formule plat + boisson ou plat + dessert proche du plafond autorisé.
✔ Des produits à bonne marge : entrée maison, plat signature, dessert simple à produire.
✔ Une offre qui change régulièrement pour garder l’envie de revenir.
Vous facilitez le choix du client et gardez la main sur vos marges. Bonus : vos équipes disposent aussi d’une offre facile à pousser pendant le rush du midi.
Affichez les titres-restaurant sur vos supports de communication clés
À midi en semaine, l’acceptation des titres-restaurant fait partie des critères de choix. Beaucoup de clients actifs cherchent un établissement où ils peuvent déjeuner vite, bien, et utiliser leur budget disponible sans mauvaise surprise.
Affichez l’acceptation des titres-restaurant partout où le client prend sa décision :
✔ À l’entrée du restaurant
✔ En caisse
✔ Sur vos bornes de commande
✔ Sur votre site internet
✔ Sur votre fiche Google Business
✔ Dans vos communications : menu du jour, emailings, réseaux sociaux
Dans un quartier de bureaux, ce simple rappel peut peser dans le choix du restaurant.
Le paiement en titre-restaurant peut aussi nourrir votre CRM
Si votre solution d’encaissement ou de fidélité vous permet de suivre les moyens de paiement, vous pouvez mieux comprendre les habitudes de vos clients qui utilisent des titres-restaurant.
Vous pouvez par exemple :
✔ Identifier les clients qui paient régulièrement avec des titres-restaurant
✔ Repérer leurs jours et horaires de passage
✔ Analyser leur panier moyen
Cette donnée peut ensuite nourrir vos actions marketing : relance à J+7 ou J+14, offre déjeuner sur les jours creux, dessert offert, points doublés sur les menus midi, programme de parrainage pour les collègues de bureau…
Ne laissez pas votre cible filer chez le voisin (ou au supermarché du coin).
Du paiement à la fidélisation, activez le potentiel des tickets restaurant
Accepter les titres-restaurant vous rend compatible avec les habitudes de vos clients. Les intégrer à votre stratégie du midi vous aide à devenir leur adresse chouchou.
Vous voulez mieux exploiter les titres-restaurant dans votre établissement ? Contactez notre équipe.